Plus jamais Jeannot

Comme ces moments je les attendais avec impatience, le soir tombait vite dans les Ardennes quand j'étais petit. Et après avoir soupé nous veillons un peu devant le feu de la cheminée, papa allait discrètement se coucher, et moi qui était déjà en pyjama depuis le retour de chez ma nourrice, je fonçais dans le grand lit de mon père.

J'étais le plus heureux des hommes, ces instants privilégiés, je ne peux les oublier. Mon père qui était chasseur, me racontait tous les soirs une histoire. C'était en général une histoire de lapin très malin qui faisait tomber le grand méchant dans une marmite. Le pauvre loup hurlait jusqu'à la mort et disparaissait dans de terribles souffrances. Mais je me souviens d'un jour où, mon père rentrais de la chasse, il avait passé tout l'après-midi à courir les bois et le talon de sa belle botte marron était arrachée.

Je l'entendis dire à maman un truc incroyable, lui en était tout blanc de peur :

- Oui j'ai vu et même senti que la botte se déchirait, je te le donne en mille, aller devine ?

- Des ronces ! quand tu cours après les sangliers dans les fourrés !

- Eh bien non ! vociféra-t-il un lapin tout gris m'a mordu au talon, j'ai réussi à le tuer, je vais le


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