Aussi avait-il dérobé dans la boîte à ouvrage de Mathilde, la gouvernante, tout plein de rubans de couleur. Il allait tout simplement ramasser les feuilles tombées, et les renouer autour des rameaux, puis bien serrer d'une faveur celles qui ornaient encore l'arbre.
Lorsque la maison se fut endormie, Petit-Pierre se glissa dehors, sans faire de bruit. Il s'approcha de l'arbre, et mesura alors toute l'étendue de la tâche. Mais in ne voulait pas que Maman parte au Ciel. Il avait trop besoin de ses rires, de sa tendresse, de sa douceur. Courageusement, il ramassa les premières feuilles et noua chacune avec grand soin sur les basses branches. Mais le vent se fit plus vif et les feuilles commencèrent à tourbillonner autour de lui. Il était désespéré, quand il vit une troupe de vers luisants s'approcher de lui :
" Que fais-tu Petit-Pierre ? " Il le leur expliqua. - " Mais tu n'y vois pas ! Nous allons t'aider ! Figure-toi qu'au soir du Bal du 15 Août, nous n'avons pas eu envie d'aller nous coucher jusqu'à l'été prochain, et nous nous sommes cachés dans le jardin ; nous allons appeler tous nos frères et t'éclairer ".
De fait, toute une guirlande illuminée incendia l'arbre, et Petit-Pierre y vit comme en plein jour.
Deux colombes, qui se reposaient sur la margelle du puits arrivèrent et dirent elles-aussi à Petit-Pierre :- " Que fais-tu ? " Les lucioles leur expliquèrent, alors elles se mirent à roucouler